Le 19 mars 2017

ALEXANDRE NEVSKY de S. Einsenstein et S. Prokofiev

CINÉ-CONCERTS

ALEXANDRE NEVSKY

Александр Невский 

Film de Sergueï Eisenstein. 

Musique de Sergueï Prokofiev (1938)

Ciné-concert

avec :

Chœur Cantate

(La Chapelle-St. Mesmin, direction : Frédéric Labadie)

Chœur Poulenc

(CRR de Tours, direction :  Pierre Louis Godeberge)

Chœur Gymel

(Paris / Saint-Maurice, direction :  Pierre Louis Godeberge)

Orchestre Poulenc du CRR de Tours,

(Chef des chœurs : Pierre Louis Godeberge)

Direction musicale : Maxime Aulio

Deux séances :

  • Première séance à : 14h30 ;
  • Seconde séance à : 17h00

Salle Thélème – Faculté des Tanneurs

3, rue des Tanneurs / 37000 Tours


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Réalisé par le plus musicien des cinéastes, Serge Eisenstein, et par son double musical, Serge Prokofiev, Alexandre Nevsky est le chef-d'œuvre des débuts du cinéma sonore et de l'expressionisme soviétique. Fresque épique retraçant la lutte du peuple russe contre les hordes teutoniques, Alexandre Nevsky est une référence absolue en matière d'équilibre image/son et de fusion entre formes visuelles et musique.

La partition originale, véritable « bande-son » musicale du film, sera ici interprétée directement lors de la projection par le Chœur Cantate de La Chapelle-St.Mesmin (dir. Frédéric Labadie), le Chœur et l'Orchestre Francis-Poulenc du Conservatoire de Tours, l’ensemble placé sous la direction de Maxime Aulio (chef des chœurs : Pierre Louis Godeberge).

Résumé : La Russie du XIIIe siècle. La terre russe n’est pas encore libérée du joug mongol et elle est menacée, à l’ouest, par les Chevaliers Teutoniques. A l’encontre des notables qui souhaiteraient pactiser avec l’ennemi, le prince Alexandre Nevski soulève les paysans et décide de se mesurer aux envahisseurs. 

Après la prise de Pskov et quelques victoires, les Chevaliers Teutoniques doivent affronter Alexandre Nevski et son armée populaire sur les glaces du lac Tchoudsk. Une manœuvre en tenaille provoque la défaite des « étrangers ». 

« Qui vient chez nous avec le glaive, par le glaive périra. Ainsi a tenu et tiendra la terre russe » dira Nevski.

 

Alexandre Nevsky : film de propagande ou œuvre d'art ?

Fin 1937. La Russie de Staline regarde vers l'Ouest avec inquiétude : l'expansion nazie menace la paix du monde. Le cinéaste Eisenstein, l'auteur du fameux Cuirassé Potemkine, est chargé par le chef suprême de réaliser un film épique sur Alexandre Nevsky, ce prince de Novgorod qui avait brisé au Moyen Âge l'invasion des chevaliers teutoniques : il s'agit de donner au peuple russe l'image d'un héros mobilisateur, fût-il déjà un saint de l'église orthodoxe !

Pur travail de propagande, certes, mais qui sollicite fortement l'imagination d'Eisenstein et va lui permettre de réaliser ses conceptions esthétiques concernant les rapports de l'image et du son, et plus exactement du son musical ; le but étant de favoriser la réceptivité du spectateur à l'action.

En matière de création musicale, c'est à Serge Prokofiev qu'Eisenstein va faire appel. Le compositeur et le cinéaste se connaissent depuis longtemps car Prokofiev s'intéresse beaucoup au cinéma, « cet art jeune, disait-il, correspondant à notre époque, et qui offre au compositeur des possibilités nouvelles à exploiter [mais] sans se contenter de livrer de la musique aux techniciens chargés de la coucher sur la pellicule ». On sait aussi que Prokofiev s'était rendu peu de temps auparavant aux studios de Disney à Hollywood pour y étudier les procédés permettant de réaliser la difficile synchronisation de la musique et des images.

 

Les deux Sergueï : le cinéaste musicien et le musicien cinéaste

Pour Eisenstein il ne s'agit pas d'illustrer une histoire connue de tous mais « de développer une nouvelle perception, de réduire au même dénominateur les impressions visuelles et sonores. » La musique est là pour donner sa dimension et son tempo au récit. Il ne s'agit donc pas de commenter les images par la musique et réciproquement.

Jamais dans l'histoire de la musique, comme dans celle du cinéma, une telle symbiose n'avait existé entre deux créateurs. Prokofiev composait vite ; on sait comment il procédait pour Alexandre Nevsky : au soir d'une journée de tournage, la projection des « rushes » d'Eisenstein déclenchait en lui comme une construction synthétique qu'il conservait mentalement et dont il rapportait le fruit le lendemain, à midi, sous forme de partition prête à l'enregistrement…

À l'exception de la Bataille sur la glace, tournée d'après la structure musicale (et la musique ici précédait l'image), Prokofiev s'est littéralement plongé dans les images d'Eisenstein : dans la séquence de la levée en masse (« Debout, peuple russe ! »), le long défilé des partisans ne se concevrait pas sans le rythme de marche scandé par Prokofiev. Dans le Champ des morts et ses images de ciel sombre, la longue mélopée de l'alto évoque la Russie, ses ballades populaires et suscite l'émotion en nous faisant ressentir la douleur mêlée de fierté, sentiment qui est celui des mères, filles, épouses et sœurs relevant les corps des guerriers morts pour leur rodina, leur patrie russe.

 

Film musical ou symphonie cinématographique ?

La musique au cinéma n'est-elle qu'un « supplément d'âme » de matérialistes, de pauvres en esprit ou de marchands de pellicules ? Ne nous fait-elle pas plutôt éprouver réellement le flux de vie ? N'est-elle pas la vie elle-même ?

Encore aujourd'hui, la substance sonore de ce film, son rythme et ses accents se lisent sur l'écran et nous touchent : essayons d'imaginer Alexandre Nevsky sans la musique de Prokofiev ! Le drame, ses tensions et ses oppositions (les bons partisans russes opposés aux méchants Teutons), ses contrastes et ses mouvements qui conviennent si bien à Prokofiev : tout se lit, tout est dit dans sa musique car elle est à sa place partout où elle est nécessaire.

Non, la musique n'illustre pas des images figées : elle les dynamise, elle les « donne à voir ». Dans Alexandre Nevsky, l'œil écoute…

© 2017, Pierre Louis Godeberge

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Режиссер музыкант большинство кинематографистов, Сергей Эйзенштейн, и его музыкальный близнец, Сергей Прокофьев, Александр Невский является шедевром раннего звукового кино и советского экспрессионизма. Эпическая фреска, изображающая борьбу русского народа против тевтонских полчищ, Александр Невский является золотым стандартом в изображении баланса / звуковых и визуальных форм и фьюжн.
Оригинальный счет, настоящий « саундтрак » музыка фильма, будет производиться, непосредственно в проекции на Cantate хора из Ла-Шапель-St.Mesmin (хормейстер:редерик Лабади), хора и оркестра Франсиса_Пуленка Консерватория Туры под руководством Максима Аульо (хормейстер: Пьер Луи Годьбержь).